Les énergies marines, un potentiel encore sous-exploité en Bretagne

Les Énergies Marines Renouvelables (EMR) désignent l’ensemble des énergies renouvelables issues du milieu marin (vent, courants, marée, houle, chaleur). Leur développement a été impulsé par le Grenelle de l’Environnement, signé en 2007 face à la raréfaction des énergies fossiles et au dérèglement climatique. Depuis quelques années, la France essaie de rattraper son retard dans ce domaine, avec le lancement de plusieurs appels d’offres (en 2011 et 2013 notamment) qui ont permis de donner lieu à des projets de parcs éoliens en mer afin d’exploiter cette ressource, dans le but d’atteindre les 3 000 MW d’ici 2023 (soit 8 parcs d’une puissance moyenne de 500 MW chacun). C’est un bon début, mais on est encore très loin des 6 000 MW d’ici 2020 préconisés par le Grenelle de l’Environnement. Avec ses 2 730 km de côtes, la Bretagne dispose d’un important potentiel en termes d’EMR, en particulier pour l’éolien offshore flottant et la filière hydrolienne alors pourquoi ce potentiel est-il encore sous-exploité ?

 

La Bretagne, une région ambitieuse

L’exploitation des EMR est une réponse à la dépendance et à la fragilité énergétique de la Bretagne. En effet, à l’heure actuelle, elle ne produit que 8,3 % de l’électricité qu’elle consomme, avec un déséquilibre entre consommation et production d’énergie qui ne cesse de s’accentuer et la menace croissante de coupures d’électricité.

L’usine marémotrice de la Rance (mise en service en 1966) est la seule pouvant être considérée comme « marine ». Elle a permis de produire 527 GWh, soit seulement 29 % de l’énergie renouvelable produite en Bretagne. Cette sous-exploitation n’est pas une exception bretonne. À l’échelle française, seulement 0,6 % de l’énergie provient des mers. La principale cause est le coût et la compétitivité limitée de ces nouvelles technologies. Pourtant, la Bretagne est pionnière en matière de R&D, avec près de 3 000 chercheurs dans les domaines liés à la mer et 218 entreprises dont les compétences sont en lien avec l’énergie marine.

La transition énergétique a déjà été largement entamée et l’énergie marine est une priorité pour la région. La région, qui affiche fièrement ses ambitions, souhaite devenir un leader mondial en matière d’énergie marine et plusieurs projets devraient voir le jour. Parmi ces projets, il y a le Parc d’hydroliennes de Bréhat (2 MW) et le Parc éolien de la Baie de Saint-Brieuc qui devrait être mis en service entre 2020 et 2022 (500 MW), permettant ainsi de fournir près de 1 950 GWh d’électricité à la région. http://www.eolienoffshoresaintbrieuc.com/

Afin de répartir de nouvelles sources de production sur son territoire, le Conseil Régional de Bretagne et les autres acteurs impliqués (l’État, l’ADEME, l’ANAH et RTE) ont signé en 2010 le Pacte électrique breton et, plus récemment, en 2016, la région a mis en place une stratégie à l’horizon 2030. Parmi les objectifs pour la croissance de cette filière, le développement de l’éolien flottant et des compétences industrielles ainsi que la recherche de solutions pour certains lieux isolés énergétiquement (les îles bretonnes par exemple) sont les grandes priorités.

 

Pour en savoir plus

http://www.bdi.fr/ressources/les-energies-marines-renouvelables

http://www.plan-eco-energie-bretagne.fr/upload/docs/application/pdf/2013-03/chiffres_cles_energie_2012_web-basse-definition_corrige.pdf

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